Je me suis réveillée hier matin avec une drôle d'envie en moi... une envie qui vous tenaille aussi longtemps que vous ne l'ayez satisfaite...Il fallait que j'écrive.
Je m'y lancais alors sans trop de but laissant glisser la plume entre mes doigts, sans trop savoir ou tout cela allait me mener...
J'ai imaginé ce qui suis, voici le premier chapitre d'un essai, quelque peu égocentrique j'en conviens.
Pour l'instant aucune relecture, beaucoup de répétitions et plusieurs formulations possibles séparées de "/"...
Donnez moi votre avis...
Essai....
CHAPITRE I
Comme chaque lundi matin, 8h, je buvais ses paroles telles du petit lait...que je n'avais comme chaque début de semaine pas eu le temps de me servir...
Je crois bien que j'admirai au fond la complexité de ses propos, de ses pensées qu'il tentait de nous transmettre, avec toujours autant de patience, de sagesse, choisissant méticuleusement un à un les termes qu'il allait employer...la moindre parole qui sortait de sa bouche semblait étonnamment réfléchi, soupesé, analysée, ne laissant aucune place au hasard, aucune place à l' « à peu près ». Tout s'articulait avec une aisance qui forçait l'admiration...
Dans la pièce, autour de moi, je sentais mes camarades assez peu réceptifs.
Depuis quelques temps j'avais cette sensation étrange d'isolement... la sensation d'être seule dans cette grande salle 27 du bâtiment principal du lycée Fréderic Mistral... Seule avec lui.
Cela peut paraitre bien orgueilleux j'en conviens mais il me semblait être l'unique personne capable de réellement comprendre ses propos, d'en saisir tous les sens, d'en savourer toute l'essence...
Cette perception pour le moins étrange me donnait le droit / m'offrait la possibilité de percer une sorte de « sphère intime » qui émanait de lui/sa personne...Je m'en sentais étonnamment/véritablement proche, et plus encore, je l'admirais.
Avant d'évoquer le modèle de sagesse et d'Humanité qu'il représentait pour moi, je voudrais revenir sur cette proximité que je sentais nous lier.
Au fur et à mesure que les heures passées en sa compagnie s'accumulaient, je perçais ses mystères, me plongeais dans les plus profondes abîmes de ses pensées, en analysais les moindres recoins.
Je me plaisais, c'est vrai, à me laisser aller à ces analyses...à percer l'univers décalé et surtout très enfoui de cet homme.
Oui je crois bien que mon plaisir/ce qui me plaisais au fond résidait dans la sensation que j'avais de pouvoir atteindre quelque chose d'insaisissable pour la plupart de mes semblables, de pouvoir comprendre ne serait-ce que certaines parcelles de ses pensées...de pouvoir le comprendre.
Je m'en sentais flattée, presque fière... N'est-ce pas cette fierté que je percevais en moi qui était proprement la cause de mon goût prononcé pour la discipline...pour ses paroles, son univers si ...clos et difficile d'accès?
Car au fond l'humain ne trouve-t-il pas le mieux son plaisir dans la considération qu'il a de lui-même?
Son enseignement m'offrait aussi la possibilité de m'intéresser à moi, de m'interroger sur mon être, sur la construction de mon « moi intérieur ». Et ça j'adorais.
Je me complaisais sans cesse ni essoufflement/quelconque monotonie dans une auto analyse de ma petite personne, ce qui au fond pourrait paraitre à juste titre bien égoïste.
Mais la cause (en) était que je voulais être au top. Tout le temps, partout et en toute circonstance.
Alors autant vous dire que la besogne était rude et que mes interrogations empiétaient beaucoup sur mon temps libre...
Mais laisser divaguer mon esprit, au fond, cela m'enchantais...permettre l'évasion de mes pensées/à mes pensées de s'évader...j'en profitais pour m'inventer des histoires, des univers, des situations...je laissais courir mon esprit, le plus librement possible.
Je lui laissais la permission de fouiner dans les moindres recoins/méandres de mon sub/inconscient dans l'espoir qu'il en fasse rejaillir mes (démons) enfouis/refoulés.
Aucune censure quelconque n'y trouvait sa place et cela m'amusait.
Je m'offrais dans le fond une sorte de thérapie qui devait à la longue/sur la durée me permettre d'en apprendre davantage sur moi-même et sur ces nombreuses zones d'ombres qui m'habitaient sans que je n'arrive/ne puisse parvenir à les saisir/en saisir la teneur.
Mais il me fallait m'armer de patience pour en venir à bout. Mon esprit regorgeait de ces sombres facettes, je le sentais.
Je profitais donc, avec discipline, du savoir que cet homme essayais de nous transmettre, de me transmettre.
Plus je l'écoutais plus émanait en moi une sorte d'admiration à son égard. J'avais mis quelques temps à pouvoir décrire cette chose étrange qui se dégageait de son être, mais maintenant il me semblait avoir trouvé le terme qui appréhenderait exactement cette sensation/exact pour appréhender cette sensation: il rayonnait.
Par ses paroles soigneusement sélectionnées, par son esprit, par cette sagesse et ce calme qui l'animait, inébranlable.
Plus les semaines passaient, plus ce sentiment d'admiration se mêlait d'une certaine dimension de sacré.
Il forçait le respect.
Je crois d'ailleurs pouvoir affirmer avec certitude ne jamais avoir observé quelqu'un remettre en cause le respect qui lui était du/qu'il lui devait.
Ce qui me plaisait aussi/également, c'est cette étrange façon qu'il avait d'incarner le paradoxe.
La presque totalité de ses paroles pouvait être interprétée en deux sens au moins, bien souvent complètement antithétiques, c'était fascinant.
Et cette aisance avec laquelle il maniait la langue...les mots étaient à son service, ils se faisaient siens, s'articulaient avec ce mélange effrayant de simplicité et de complexité.
J'étais accoudée à mon bureau...je l'écoutais parler des relation humaines, du bien fondé de la famille, du désir, de l'Amour ou du sentiment humain en général... et la sonnerie retentissait, détachant mon attention et m'éveillant des songes dans lesquels j'étais plongée, comme absorbée